On ne peut que se réjouir que François Hollande découvre la vertu de la notation sociale. Surtout si cela peut faire avancer le compromis du fameux article 225 qu'il a fallut arracher à la majorité et à l'opposition, aux organisations d'entreprises, syndicats et ong. Pour convaincre qu'un reporting ambitieux, couvrant les résultats sociaux, environnementaux et sociétaux des entreprises, au sein des rapports de gestion, ne pouvait que favoriser la qualité de management et la confiance dans nos entreprises, donc leur compétitivité.Mais rappellons vite au candidat socialises, comme l'a fait Bertrand Pancher, père du dispositif français, qu'il ne s'agit pas d'une contrainte ou d'une rétorsion mais d'une aide à la transparence avant tout. Le mot notation est équivoque ; il faudrait parler plutôt de concept d'information extra-financière qui complète l'information financière insuffisante aujourd'hui.
On aimerait encore plus que François Hollande inscrive son idée dans l'esprit de « l'économie sociale et responsable de marché » sur laquelle nos amis allemands ont fondé leur dispositif de RSE et le code de développement durable qu'ils proposent aux entreprises, alors même qu'on attend encore que le nôtre soit voté.
Enfin, attention à ne pas s'en remettre aux agences de notation qu'on critique par ailleurs et dont la légitimité n'est pas démontrée, ou qui ont des prismes engagés, au moment où l'Europe propose « le suivi social, sociétal et environnemental des entreprises », fait par elles mêmes selon des normes recommandées, pour les acteurs de marché, au nom d'une transparence accrue des comptes, ce qui est la bonne approche.
Si la gauche veut bien faciliter l'adoption définitive du dispositif français, discuté depuis 2007, dans la foulée du rapport du Grenelle sur la gouvernance, et non encore publié, bravo ! Et que la majorité actuelle réalise que si elle ne vote pas l'article 10 de la loi Warsman, permettant ensuite au Gouvernement de prendre le décret d'application, cinq années de discussions laborieuses et une « promesse de progrès français » attendue à l'étranger s'évaporeront, ouvrant la voie à l'attente d'une autre façon de faire, pour que notre modèle économique responsable s'affirme, dans le sens demandé par un nombre croissant de parties prenantes de nos entreprises.
Le reporting, plus que la notation, est facteur de confiance. Puisse le débat présidentiel y contribuer en ce sens.